L’univers physique n’est rien d’autre que de l’énergie vibratoire densifiée.
En agissant sur la vibration source par la voix humaine, le mystique ou le pratiquant peut entrer en résonance directe avec la trame de la création.
Mikoto Masahilo Nakazono (né Mutsurō Nakazono, 1918–1994) est la figure centrale qui a introduit le principe du Kototama en Occident dans les années 1970. Il incarne le pont parfait entre les arts martiaux, la médecine traditionnelle et la mystique des sons
Mikoto Masahilo Nakazono était un maître d’arts martiaux (Aïkido, Judo), un acupuncteur et un spécialiste de la médecine traditionnelle orientale.
Il a condensé ses recherches dans des ouvrages devenus des références ésotériques et thérapeutiques, notamment :
- Inochi: The Book of Life : Une exploration du principe Kototama Futomani et des 50 rythmes de vie (le croisement des 5 sons mères/voyelles avec les 10 sons pères/consonnes).
- My Past Way of Budo : Un recueil d’essais expliquant comment le Kototama permet de passer d’un art de combat à un art de paix universelle.
Une introduction à Nakazono se trouve dans l’article dédié à son livre Inochi.
Kototama signifie Substance du Verbe, champ de l’âme. Toutes les capacités humaines, tant physiques que psychiques, ont pour source 50 rythmes ou vibrations universelles que l’on peut nommer et reconnaître par les 50 sons du Kototama.
Introduction
Nakazono indique que la traduction anglaise de son premier livre sur le Kototama, parue sous le titre Inochi – Le Livre de la Vie était plus compliqué à comprendre que ce nouveau livre. Ce nouveau livre contiendra aussi des informations sur les origines de notre civilisation selon les documents et archives d’Hinomoto Kuni.
Ces documents ont été cachés il y a 10,000 ans, et concernent d’une part le principe de Kototama, et d’autre part l’histoire ancienne du monde. Ces deux catégories furent cachées séparément.
Ces archives du monde faisaient partie du trésor de Koso Kotai Jingu et appartenaient à la famille Takeuchi. Les Takeuchi ont été les prêtres du Koso Kotai Jingu pendant plus de 90 générations.
« Les documents originaux étaient écrits avec des lettres traditionnelles Kami Yo sur des peaux de bêtes, sur des supports en bois ou bambou, ou même sur du papier très ancien. »
Nakazono indique qu’il va effectuer une comparaison entre ces documents et la Bible, en mettant l’accent sur ce fait qu’à une époque, tous les hommes parlaient une même langue. Nakazono va aussi interpréter certains passages de la Bible à l’aide du principe du Kototama.
De nos jours, nous avons tout pollué, le ciel, l’eau, la terre… Nous cherchons principalement à satisfaire des désirs matériels. Nakazono indique qu’il est naturel de désirer, mais que le désir basé sur une connaissance et une expérience fausses mène à la destruction. Nous nous basons sur la connaissance pour satisfaire les deux aspects (physique et spirituel) de notre être, mais cette connaissance est biaisée et mène au chaos.
Nos ancêtres autrefois, vivaient en harmonie. Ce livre est une réponse à la souffrance du monde actuel, inspiré par l’esprit des ancêtres.
« Je ne peux plus me taire. Il y a trop de souffrance partout, la société est allée trop loin, et je dois écrire ce que je sais. Ce livre parle d’une recherche de la source de la vie, et de la façon de retourner à la source de notre civilisation. »
Chapitre un : Les grandes lignes du Principe de Kototama
Chapitre deux : Naka-Ima
Chapitre trois : Amatsu Iwasaka
Ces trois premiers chapitres (pp 5-45) reprennent les informations développées dans Inochi – Le Livre de la Vie. Ci-dessous, vous trouverez d’abord une synthèse personnelle puis les compléments d’informations du présent livre.
Le Principe de Kototama est une clé de compréhension du monde et de l’homme, d’un point de vue multidimensionnel.
Nakazono évoque d’ailleurs le domaine de « l’a-posteriori » et le domaine de « l’a-priori », le visible et l’invisible. Dans ce système, chaque aspect de soi et du monde ont leur place, et s’articulent harmonieusement.
Dans cette vision du monde, il y a un lien intrinsèque et indivisible entre l’homme, ses corps, l’univers et les degrés de matérialité.
Notre conscience se trouve à un stade d’évolution, qui est associé à un type de corps, et un type de cristallisation de la matière – un type de perception du monde.
Si notre conscience était autre, nous aurions un autre corps, et nous verrions un autre monde.
Mais il faut comprendre que tous les degrés sont en nous, et que tous les corps existent en même temps, ils sont simplement activés selon le degré de conscience. C’est pourquoi même si nous avons un corps subtil, il n’est pas « actualisé » par la conscience et nous nous en servons pas pour percevoir le monde au travers de son « degré » de matérialité.
Le Principe de Kototama explique que les sons que l’on utilise dans le langage correspondent à des aspects qui gouvernent l’univers, des sons archétypaux. Les sons pointent vers la structure même de la matière et de son origine. Ainsi, chaque « son » aura une signification ontologique.
Nakazono indique qu’il y a à la base de tout, le I, l’étincelle, le présent.
Nakazono indique qu’il y a 4 aspects de l’être et de l’univers, quatre « sons-mères » : U A O E.
- U correspond à l’univers primordial/chaos originel, aux sens, qui reçoivent les perceptions « brutes ». C’est aussi la trame des phénomènes, c’est la gravité qui tisse l’espace-temps en formant des tourbillons d’énergie. Ces tourbillons sont à l’origine des formes matérielles.
- A correspond à l’observateur, la lumière de vie, qui actualise l’univers en l’éclairant, c’est une force expansive. (spirale de gauche à droite)
- O correspond à l’intellect, la mémoire, le passé, la durée. C’est la continuité des générations des êtres, c’est la manifestation qui s’actualise d’instants en instants.
- E correspond à la volonté, le jugement, le libre-arbitre, la conscience.
Ces aspects, qui concernaient plutôt notre être subtil, dont la présence se pressent encore dans l’enfance, qui vont ensuite plutôt s’exprimer dans notre être et monde matériel (dans ce cas on les indique sous leur forme manifestée WU WA WO WE). Il s’agit des mêmes sons, des mêmes aspects, mais manifestés à un degré plus dense de matière.
- WU : Les sens matériels intimement liés à l’état chaotique et indifférencié de l’univers, le « vide »,
- WA : L’observation, l’éclairage d’un phénomène, l’imagination, l’action spirituelle, le futur. C’est une force concentrative, qui cristallise et fixe les objets de l’observation. (spirale de droite à gauche)
- WO : l’intellect matériel, la capacité de connaître, qui produit la science, et c’est aussi le désir d’expansion de soi qui mène à l’égo.
- WE : ce qui juge, ce qui sépare, divise, analyse…
Ainsi l’on peut dire « je suis », « je pense », ou « je veux » depuis différents points de vue qui ne sont pas les mêmes. L’étude de ces dimensions permet la connaissance de soi – le Je Suis.
Une faible connaissance de soi, implique l’incompréhension entre les gens, et donc, les conflits, les guerres…
Comme nous l’avons vus, l’être et le monde s’actualisent et se répondent en permanence, car ils sont fondamentalement la même chose. C’est une danse, une dynamique, une vibration. C’est pourquoi chaque aspect de soi se manifeste dans ce que Nakazono appelle le « Naka-Ima », un présent éternel, l’ici et maintenant.
Le monde « brut » (U) dans un état d’indétermination, de chaos, prend forme dès lors qu’il y a un observateur. Ce son « brut », le U, se synchronise avec l’observateur et l’univers se voit manifesté.
Le corps est donc une nécessité pour que l’univers se « voie » lui-même.
Notre but est d’aligner notre perception sur les données brutes, au-travers de notre cerveau. Il s’agit en quelque sorte de voir le monde « sans les filtres », de la façon la plus objective possible.
Ana est le monde, Mana est la vibration produite par l’interaction, et Kana est notre compréhension du monde. Il s’agit de trouver l’alignement juste Ana-Mana-Kana.
Dans la société, Mana est en quelque sorte l’intelligence du coeur et Kana l’intellect. Il faut passer par Mana pour accéder à Ana, l’univers primordial. Mais il faut aussi Kana pour assimiler, interpréter et comprendre cet univers en développant une intelligence divine en soi.
Nous avons donc une trinité U-A-O, correspondant à Ana-Mana-Kana, U étant l’univers (l’état d’unité), O étant l’être qui se concentre (l’état « fermé » d’un système), et A étant l’être qui s’étend (l’état « ouvert » d’un système). Cette trinité forme un point d’équilibre dynamique qui est E, la conscience.
Il existe différents types d’alignements.
Si l’on supprime le A, par exemple, on fait des individus sans conscience morale, car ils ne choisissent que de suivre leurs désirs matériels. Ils sont alors rongés par le besoin de posséder, d’amasser, d’attirer, de contrôler, de subjuguer… car il n’y a plus la force de vie expansive A en eux. Notre civilisation est de ce type (U-E-O).
Nakazono explique que les différents alignements (qui donnent lieu à différentes perceptions, moralités, conceptions…) portent des noms.
- Il y a donc le Principe d’Amatu Kanagi (U-E-O),
- le principe d’Amatu Sugaso (A-O-U-E),
- et le principe d’Amatu Futonolito (orthographié Futonorito dans le précédent livre, aussi, Amatu devient Amatsu).
Le premier principe donne une conception matérialiste du monde (absence de A), le second principe donne une conception spiritualiste du monde (accentuation d’A), et le troisième principe représente une conception équilibrée (arrivée de E). Que l’on choisisse une conception matérialiste ou spiritualiste du monde, on est dans les deux cas pas arrivé à une réalisation totale qui demande aucun déséquilibre. Seul cet équilibre permet de réaliser le principe de vie (Kototama).
Le E est le summum de l’évolution, qui complète les étapes précédentes U, O, et A. La compréhension des étapes U, O et A permet d’obtenir le E. C’est l’épanouissement de l’individu qui gagne sa liberté.
Maintenant, comme nous avons vu que l’être et le monde étaient en interaction perpétuelle dans un infini présent, nous allons voir de quoi est composée cette interaction – qui crée l’espace-temps.
Cette interaction est composée des « huit rythmes moteurs » : T-Y-K-M-S-L-H-N
(A noter les prononciations, par ex : SI = SHI, TI = TCHI, TU = TSOU, HU = FOU, et L ressemble un peu à R.)
L’interaction produit les 32 « rythmes du cerveau » :
U – TU YU KU MU SU LU HU NU – WU (la gravité)
E – TE YE KE ME SE LE HE NE – WE
O – TO YO KO MO SO LO HO NO – WO
A – TA YA KA MA SA LA HA NA – WA
L M N et Y sont en expansion, T K S et H sont en concentration. L’idée est de préserver l’équilibre énergétique dans le corps. C’est cet équilibre (yin/yang, féminin/masculin, corps/esprit, etc) qui protège des maladies physiques ou spirituelles.
T : pouvoir s’étendant [première action] K : pouvoir intérieur grattant [éclaircissement/plénitude] M : pouvoir faisant des cercles [espace] H : pouvoir ouvrant [élargissement/expansion] L : pouvoir spiralant [changement/cercles] N : pouvoir recueillant, absorption [réalisation/complétion] Y : pouvoir volant [séparation/action ou désir dans une direction] S : pouvoir perçant [concentration/séparation]
Comme notre évolution est bloquée, qu’elle ne connait pas totalement le A (le Je Suis) et que le E (le libre-arbitre, la volonté) n’est donc pas au service du A (ce qui le rend limité), nous ne captons pas toutes les vibrations du monde.
Nous sommes conscients que des dimensions U-WU, E-WE, et O-WO. Notre cerveau est donc loin d’avoir atteint toutes ses capacités, et n’est pas entièrement activé. Nous sommes plus ou moins évolués, c’est pourquoi la conscience de chacun peut être très différente.

L’ensemble des fréquences de tous les sons et rythmes a priori et a posteriori forment des « sons-enfants », au nombre de 50. Leur disposition change selon les principes d’Amatu Kanagi, d’Amatu Sugaso ou d’Amatu Futonolito. Il suffit que cette séquence ne soit pas dans le bon ordre pour qu’on n’atteigne pas la réalité et liberté ultime.
Les 50 sons-enfants (récités dans la pratique du Kototama) sont composés des 18 rythmes de vie :
– 4 sons mères a priori
– 4 sons demi-mères a posteriori
– 2 sons parentaux I-WI
– 8 rythmes pères
Ces rythmes de vie se synchronisent et forment 32 sons enfants a posteriori.
Total : 50 sons. (Mais il est difficile de séparer I-WI et U-WU, donc cela fait 48)
Les 8 rythmes pères et les 32 sons enfants sont la partie la plus difficile à comprendre : elle est relative à la conscience elle-même.
Quand les contenus des cent déités (les 50 sons dans un sens et dans le sens miroir) sont saisis en tant que contenus totaux du soi, cette personne est divine. Saisir les contenus du soi intérieur est le propre des vrais rois et Messies, qui peuvent sauver l’humanité et guider la civilisation sur le bon chemin.

Chapitre un : Les grandes lignes du Principe de Kototama
Le Principe du Kototama a été perfectionné il y a 56,100 ans. Puis les chroniques anciennes disent qu’il y a 10,000 ans, le Sumela Mikoto ordonna son occultation progressive. Vers 5,000 ans, l’occultation était presque complète et les gens commencèrent à penser que leur existence était plus matérielle que spirituelle.
« Ils ne savaient plus qui ils étaient vraiment quand ils disaient « je suis ».
Lorsqu’il le principe fut caché, on ne s’y référa qu’en utilisant des symboles, des contes mythologiques, et la numérologie. Cette connaissance passa de générations en générations.
Nous sommes désormais à la fin d’un cycle de civilisation, selon Koji Ogasawara, le maître de Nakazono. Cela se voit dans le fait qu’on rend un « culte » à la matière, qu’on considère les phénomènes extérieurs sans lien avec l’être intérieur. De ce fait, on en vient à se suicider, à détruire le monde qui nous entoure pour des désirs matériels.
Le principe de vie doit rejaillir pour recréer une civilisation harmonieuse. De nouveaux leaders doivent apparaître dans la société pour purifier le contenu de la connaissance humaine.
« Notre capacité intérieure, comme l’activité des cinq dimensions de la vie dans les mondes à la fois finis (matériel) et infinis (spirituel ou mental) est divisée en dimensions, temps et espace. Nous, en tant qu’humains, avons la capacité de rendre cette activité séparée et de la saisir en tant que l’existence du monde phénoménal. Aujourd’hui, l’humanité est incapable de reconnaître cette réalité. Les humains ont perdu le sentiment de leur vraie capacité, ne connaissent plus l’essence de leur être et n’y font pas confiance.
Le monde phénoménal n’existe qu’au travers de la capacité humaine de le reconnaître. L’humanité doit se tenir fermement dans ce point de vue, et savoir qu’il est vrai en étant sûr de cela. Seulement alors nous pourrons comprendre la réalité de la vie.
Les gens de cette civilisation confondent cette capacité de reconnaissance avec l’existence d’un phénomène indépendant. Ils voient les objets autour d’eux sans connaître le lien entre leur propre existence et l’existence du phénomène. Les humains donnent des noms symboliques à ce qu’ils voient avec un langage intellectuel et ne cherchent pas plus loin la vraie nature du monde qui les entoure. Ces noms n’ont pas de relation avec le rythme sonore des phénomènes. Un vrai nom exprime le rythme de vie de l’objet nommé. »
I-WI s’exprime dans notre dimension sous la forme de trou blanc (I) et trou noir (WI).
Notre corps recèle un même « vide central », dont la gravitation maintient la structure physique ensemble. Le corps humain comme tout autre chose manifestée a un équilibre entre ce pouvoir de concentration (yin) et d’expansion (yang). L’expansion va de gauche à droite, la concentration de droite à gauche. Ce point central se trouve au centre du corps (plexus solaire), c’est de là que vient l’énergie essentielle au corps.

Dans l’univers, ces forces de concentration et d’expansion se rencontrent et forment des spirales, des grilles, une trame. Ce sont les forces qui régissent l’univers, qui sortent du vide pour finalement y revenir et ainsi de suite. C’est une respiration à partir du vide. C’est la vie et la mort.
Le I engendre les dimensions mères A O U E qui s’étendent, et quand elles sont capturées par une force de gravité, leurs énergies deviennent les dimensions demi-mères de notre corps : WA WO WU WE. Cela donne notre être a posteriori WI.
« Il y a bien sûr un unique vide au centre de la création. Son activité va dans deux directions opposées (I et WI). C’est la seule source de vie. Si ces actions complémentaires étaient divisées, la vie ne pourrait pas exister. »
« Notre volonté de vie et force de vie est le rythme sonore de I. C’est le rythme de l’expansion de l’énergie vitale depuis un vide central. Dans le même temps, des éléments ou énergies extérieurs sont attirés dans le vide. Si les activités d’expansion et de concentration pouvaient exister indépendamment, les deux seraient dans l’obscurité. Mais ce sont les deux phases complémentaires d’une seule activité, et c’est leur rencontre qui suscite l’énergie de la lumière. C’est la lumière de la vie, le réveil de la conscience. Par cette lumière, nous percevons l’univers phénoménal. »
« Seconde après seconde, toute l’énergie de l’univers est attirée dans le centre de notre corps physique – le vide gravitationnel au coeur de notre existence, un petit miroir du vide central de l’univers. » [Note : en alchimie, on parle du miroir du mercure qui reflète tout l’univers].
Il faut atteindre ce vide au centre de soi pour comprendre l’activité de l’univers et la création du monde physique. « La matière n’est rien d’autre qu’un rythme autour d’un vide« . Ces rythmes de la création sont les huit rythmes moteurs T K S H Y M L N.
On peut ici faire le lien avec la « loi de sept » de la Tradition, l’octave.
A ce propos, Nakazono écrit:
« La dimension de U est chaotique. Toutes les énergies universelles sont fusionnées dans sa concentration, mais l’action expansive de la vie n’a pas encore éclairé les phénomènes. Quand nous regardons le monde de cette dimension, nous divisons automatiquement tout en sept. Nous pouvons voir sept couleurs; nous divisons notre musique en sept notes, huit espaces pour faire une octave. Il y a sept odeurs et sept saveurs. Ces espaces sont ce qu’on peut saisir par nos sens physiques. »
Lorsque les sons mères – les aspects de la vie – U A O E I se synchronisent avec les rythmes pères, l’être vient à exister. Ce sont les sons enfants, toutes les variations de la conscience. Les corps (denses et subtils) de l’être sont créés, dans toutes les dimensions.
Ainsi, de la dimension U, la conscience s’éveille, sort de son sommeil où tout est indifférencié, et l’étincelle divine forme le A.
Le fait de passer du U au A fait passer du matériel au spirituel.
Le point de vue de la science est basé sur le chiffre 8 (7 fréquences), le point de vue spirituel est basé sur le chiffre 9 (8 fréquences… la gamme et quelque chose de plus qui ne peut pas être mesuré).

Comme tout ce que l’on vit a un impact sur le rythme du cerveau, la vibration de notre langage devrait correspondre à la vibration du phénomène.
Dans ce cas, c’est un vrai langage. Si le rythme du cerveau est exactement le même après et avant le son, cela signifie que la reconnaissance est parfaite, et que l’on a dit la vérité. Quand on est capable d’énoncer exactement les rythmes de vie, on a atteint la pleine conscience. Cela signifie qu’on est devenu un miroir parfait, sans biais de perception. Cela veut dire qu’on se connait soi-même et qu’on est capable de voir les choses telles qu’elles sont.
La capacité du jugement, le libre-arbitre, de la dimension E du sujet, est le niveau qui permet l’accomplissement de l’être, à la condition qu’il ait assimilé la dimension A (le coeur) et la dimension O (la connaissance).
En effet, quand nous faisons un jugement, nous le faisons sur la base de notre expérience. De ce fait, le niveau de notre connaissance détermine le niveau de notre jugement. Et la moralité humaine dépend de la dimension E.
Nakazono indique ensuite que la dimension O, qui représente la continuité de l’activité de I, est nécessaire pour éclairer la lumière de A. Les huit rythmes moteurs appartiennent à la dimension O, car toute interaction/synchronisation entre sujet et objet est stockée dans notre mémoire.
« La mémoire n’est pas seulement dans notre cerveau, mais elle est aussi dans toutes les cellules de notre corps. »
Ce sont les huit rythmes moteurs de I qui la créent et c’est l’une de nos capacités subjectives.
L’âme A, qui est l’expression de I, demande à la fois la mémoire (O, continuité de I), et un centre de gravité (U, continuité de WI) qui permet à A de se refléter en WA.
C’est alors que la dimension E résultant de l’activité des huit rythmes moteurs de I, est activée. E est le créateur, son activité crée l’espace, le temps et la dimension des phénomènes. L’activité de I-E est la plus haute dimension de l’être. « I-E est aussi l’action des huit rythmes moteurs, l’origine, et le sujet de la vie humaine. »
Chapitre deux : Naka-Ima
« Il y a différents niveaux de vérité. Nous disons « je t’aime » et voulons dire « je veux ton corps » ou « je suis impressionné par ton statut social » ou « je veux quelque chose de toi ». C’est une manière de parler insouciante, frauduleuse, de parler. Ce n’est pas un vrai langage humain. Comment est-il possible de communiquer, comment peut-on fonder une société parfaite sur la base de langues incertaines, équivoques ?
Vous pouvez dire que le langage lui-même est un mensonge, qu’il est impossible de dire la vérité. Mais la vérité existe, elle réside dans l’expression permanente au coeur de chaque être humain, dans leur dimension de volonté de vie I. Cette dimension est notre origine, notre germe. Elle se trouve avant les dimensions séparées des dimensions spirituelles et physiques A et U.
Il est très difficile d’ouvrir l’oeil du germe. C’est impossible sans une discipline et pratique sérieuse. L’étudiant doit suivre l’ordre correct de la pratique s’il veut progresser. »
Nakazono indique qu’il y a 56,000 ans, « les leaders du monde se sont rencontrés et sont tombés d’accord pour cacher temporairement l’ordre complet du principe, et guider l’activité du monde dans une civilisation matérielle et scientifique. »
« Ce processus a commencé il y a dix mille ans. Il a commencé lentement et a pris de l’ampleur, jusqu’à ce que la vraie croisade de la nouvelle civilisation fut entreprise à l’époque de Moïse, il y a entre trois et quatre mille ans. »
De ce fait, les hommes ont perdu la capacité de se connecter à leur partie spirituelle. Ils ne sont plus inspirés, ils se limitent à leur activité matérielle. Or, ils sont ainsi happés par un rêve qu’ils créent eux-mêmes.
« Au début, l’étudiant peut se placer lui-même dans le Naka-Ima intellectuellement, en pensant : « Je suis au centre de l’univers, ici et maintenant ». Il peut se placer lui-même au centre des visions, sons, odeurs universels en ouvrant ses sens et en recevant toutes les énergies qu’ils peuvent saisir. Les yeux sont particulièrement importants – il y a toujours quelque chose à voir. (Bien des choses que l’on voit sont artificielles, et il est préférable de tenter de se synchroniser avec un phénomène naturel – le ciel, les montagnes.) L’étudiant se dit alors à lui-même que sans sa reconnaissance [des phénomènes], ils n’existent pas. Il est le créateur, sa reconnaissance crée tout. »
C’est l’activité la conscience qui permet de voir la montagne, car nous émettons (force centrifuge) une lumière qui éclaire la montagne, « captant » son existence subtile, et nous recevons « l’écho » de cette lumière qui est aspirée dans notre être (force centripète). C’est l’activité de la vie, la dynamique de la perception, le I-WI. Vivre, c’est se synchroniser en permanence avec l’univers.
Quand nous n’avons pas éveillé notre dimension A, nous n’avons pas accès à l’étendue des perceptions de l’univers – qui n’est pas simplement matériel. Le A est relié à la volonté de vie. Essayez de trouver cette connexion. Puis maintenez cette conscience autant que possible. C’est la vraie source et vérité de votre vie.
Chapitre trois : Amatsu Iwasaka

Le diagramme d’Amtasu Iwasaka montre comment les aspects a priori de l’être se manifestent dans le monde a posteriori de l’ici et maintenant. Les anciens ont ensuite dissimulé ce diagramme en le transformant en une hiérarchie de dieux. Les Shinto japonais appelaient ce diagramme « Les Dix-Sept Dieux Cachés ».
U = Amenominakanushi no Mikoto
A = Takami Musubi no Mikoto
WA = Kami Musubi no Kami
On retrouve également ce diagramme dans le Yi King. Ce diagramme montre le chemin qui mène à la source – la dimension I. Ce diagramme permet de savoir de quelles dimensions a priori vient telle ou telle expression de notre vie.
A noter que ce diagramme est une représentation simplifiée, le I n’est pas le résultat de U A O E, dans une perception linéaire du temps. Les quatre dimensions U A O E sont au contraire activées par le I, la volonté de vie. Toutes les dimensions s’expriment simultanément à chaque seconde qui passe. Il n’y a pas de séparation, pas de temps, pas d’espace, dans le monde a priori. Tout se passe dans le Naka-Ima, l’ici et maintenant de la conscience.
Nakazono revient ensuite sur l’action de E, car c’est le E qui nous rend souverain.
C’est le E qui sépare et structure les rythmes de l’univers, l’espace et le temps, et qui crée la réalité. Le E est représenté par une épée à double-tranchant : le E « coupe » à la fois dans le monde a posteriori et le monde a priori (monde matériel et monde subtil).
Entre I et WI, il y a cette octave qui permet de faire un pont : les huit rythmes pères.
Cette octave montre tous les degrés possibles de l’interaction entre soi et le monde – une interaction qui peut être créatrice ou destructrice. Elle devient destructrice quand elle limite le monde à un seul aspect (matériel) et est créatrice quand elle s’ouvre à toutes les possibilités. Dans un cas, l’individu est aligné avec le rayonnement de I, dans l’autre cas, l’individu est aligné avec l’absorption de WI. Les huit rythmes pères montrent le trajet de la lumière rayonnée et absorbée.
Que ce soit dans le Principe d’Amatu Kanagi ou le principe d’Amatu Sugaso, la tendance est au mouvement centrifuge, c’est-à-dire que le monde est davantage « absorbé » qu’éclairé par la conscience. Pour changer la situation et transmuter cet égoïsme, il faut aligner son être selon le principe d’Amatu Futonolito qui, par l’équilibre de ces forces, permet une réelle dynamique de communication avec l’univers.
Ainsi comme nous l’avions dit dans l’article sur Inochi, en citant Tosha :
« – S’il existe une technique pour engloutir le monde, il doit y en avoir une pour l’inverse : le régurgiter.
– Exact, répondit Tosha, Mais pas pour le régurgiter. Certaines écoles tantriques estiment que notre conscience projette le monde environnant par les yeux. A la différence de la physique moderne, cet enseignement affirme que nous voyons bien les objets, mais pas par la lumière qu’ils renvoient. Ce sont au contraire nos yeux qui produisent la lumière et projettent l’univers à la manière d’un projecteur de cinéma.
Tosha se tut, puis ajouta :
– Il existe un nombre infini de travailler avec sa conscience, elles ont toutes été créées dans un seul dessein : comprendre la nature de son « moi » et l’organisation du monde. »
Comme le dit également Pascal Bouchet dans son très intéressant livre Les forgerons de l’aura (p.161):
« L’oeil est comme un soleil car l’oeil spirituel ou oeil du coeur est émissif et projette sa lumière dans le monde invisible. C’est ainsi que le monde invisible devient visible pour l’Initié. (…) [L’oeil] ressemble au symbole astrologique du soleil, gouverneur du signe du lion correspondant au coeur dans la symbolique du corps humain. (…)
La matière que nous appréhendons avec nos yeux n’est qu’une partie de la matière véritable, elle n’a de réalité que dans un temps déterminé de l’évolution de notre conscience correspondant à l’état embryonnaire de la graine. Lorsque l’être humain pourra ouvrir son oeil du coeur pour laisser sortir sa lumière, la graine s’ouvrira et laissera pousser la plante qui verra le monde dans sa totalité. Le monde invisible ne sera plus invisible, les ténèbres ne seront plus ténèbres et l’on verra la réalité de la matière dans sa globalité ainsi que la réalité de l’être humain dans toute sa splendeur, car l’homme fut créé à l’image de Dieu. L’homme pourra se connaître et à travers lui, connaître la globalité de l’univers.
Puis p.223 :
« Nous avons vu également que l’élargissement de l’oeil, de la conscience donc, peut être assimilé au développement de l’aura puisque dans le domaine invisible, l’oeil intérieur éclaire, irradie (projette son aura) comme un soleil ou une lampe interne.
C’est donc plus que jamais le moment de rappeler le sentence de Paul à propos de l’oeil : « L’oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! » Mt 6. 22-23.
Nakazono indique que l’on doit faire coïncider le monde a priori et le monde a posteriori, et devenir un miroir pur reflétant et éclairant le monde. La synchronisation parfaite est possible parce que le monde spirituel et monde matériel sont face à face comme l’observateur et l’écran. La vie individuelle est le miroir de la vie universelle qui peut s’y voir. Nous sommes les yeux de la vie.
Nous sommes un miroir car nous sommes composés des deux aspects du « vide » : l’aspect centripète et centrifuge, trou blanc et trou noir.
Si nous pouvions refléter exactement le monde, cela voudrait dire que nous aurions réussis à équilibrer ces deux forces. Mais dans notre état actuel, nous « prenons » plus que nous « donnons », ce qui fait que l’image du monde n’est jamais objective, elle est toujours faussée par nos voeux, nos souhaits, nos attachements…
Les trois principes de Kototama
Nakazono indique que le premier principe est représenté par Susano wo no Mikoto, le dieu de la violence (symbole : étoile, nombre : 8), le second est représenté par Tsuki Yomi no Mikoto, la déesse de la lune (symbole : lune, nombre : 9), et le troisième est représenté par Amaterasu O mi Kami, la déesse du soleil (symbole : soleil, nombre : 10).
Selon, Wikipédia :
« Amaterasu (天照?) est, dans le shintoïsme, la déesse du Soleil. Selon la légende, tous les empereurs japonais l’auraient comme ancêtre. Elle aurait introduit la riziculture, la culture du blé et les vers à soie. Elle figure sur le drapeau japonais sous l’apparence du disque solaire, accompagné ou non de ses rayons.
Selon la légende, Amaterasu et son frère Susanoo, kami de la mer et du vent, étaient rivaux. Aussi, lorsqu’il lui rendit visite, il y eut un long combat, à la suite duquel il enferma Amaterasu dans une caverne (« Amano-Iwato »), cachant par la même occasion le soleil pendant une longue période. Selon une autre version, en colère, elle s’enferma elle-même. Pour persuader Amaterasu de sortir de cette grotte, les dieux organisèrent un banquet au cours duquel Uzume, la déesse de l’Aube, entama une danse. Intriguée par l’animation, Amaterasu reparut. »
Ce principe de la déesse du soleil a été caché. Il ne restait que les deux autres. Le principe d’Amatsu Kanagi, propre au dieu de la violence, se retrouve dans le mot « Yahweh ».
– Le tableau des sons d’Amatsu Kanagi
L’ordre d’Amatsu Kanagi est : A I U E O… c’est l’activité de la dimension physique, des sens et des désirs. Cet ordre est propre au monde phénoménal, aux cinq sens. Ce n’est pas la vraie existence. Tout y est impermanent. La conscience se limite alors au domaine physique.
Cette conscience physique se limite aux 24 sons, le « je suis » de cette conscience est composée de : KE SE TE NE HE ME YE LE, KO SO TO NO HO MO YO LO, et KU SU TU NU HU MU YU LU. Comme la société basée sur cet ordre est compétitive et sans morale, et que la loi celle du plus fort et du plus futé, il n’est pas possible d’obtenir la paix.
« Notre corps est comme une télévision. Il est parfaitement fabriqué mais inutile sans le courant de la vie. Allumez-le et le courant commence à circuler et sa première manifestation est un bourdonnement. Il n’y a pas encore d’image ni de voix ou sons différenciés, mais la capacité s’y trouve. Le bourdonnement est le son du U. Alors vous appuyez sur le bouton d’une chaîne, et des images et sons arrivent. C’est la capacité des sons demi-mères WA WU WE WO. »
La personne qui vivent selon l’ordre Amatsu Kanagi ne savent pas d’où viennent leurs désirs. Ils ne voient leur corps que comme une machine, sans autre fonction que d’être vivant.
Ils n’ont pas la conscience de qu’est-ce que « Je suis ». Leur univers n’a pas de cohérence. Ils ne comprennent pas le lien qui relient les phénomènes qui viennent à leur rencontre. Ils ne voient pas la loi de toute l’existence. Le résultat est une civilisation matérielle et scientifique comme aujourd’hui.
– Le tableau des sons d’Amatsu Sugaso
L’ordre d’Amatsu Sugaso est : A O U E I… C’est l’éveil de la dimension A, celle qui peut dire « Je suis » d’un point de vue émotionnel, c’est une conscience plus élevée que l’ordre d’Amatsu Kanagi.
Cependant, cet ordre est coupé de la dimension I de la volonté de vie et nous entrons dans des débats philosophiques et intellectuels. La priorité est donnée à la subjectivité. La dimension WO de la connaissance intellectuelle devient alors un piège.
Contrairement à la dimension U qui désire à absorber le monde entier en soi-même, la dimension A cherche à étendre la subjectivité. Le U pourrait être comparé à la gravité et le A à l’électromagnétisme. Ces deux dimensions agissent en un sens opposé l’une à l’autre. Ce conflit s’exprime dans le monde : Moïse était aligné sur la dimension U, c’est pourquoi le judaïsme était opposé au christianisme, Jésus étant aligné sur la dimension A.
Les dimensions U et A représentent deux polarités qui s’expriment en soi, tout comme la dimension I-WI représenté l’expir et l’inspir formant la vie. « Le nom de notre thérapie de vie du Kototama est Inochi. I NO TI : la première action de la vie. »
« L’univers lui-même choisit de créer un miroir pour voir sa propre activité, ou plutôt un ordinateur pour l’interpréter et l’afficher sur un écran. C’est pourquoi, dans la tradition orientale, les philosophes disent que l’être humain est un petit univers. La capacité de l’humain et de l’univers est la même. » (…)
« La manifestation humaine est exactement de la même nature que celle du centre de l’univers. L’activité est la même; le lieu du centre de gravité et son pouvoir sont différents. La nature du centre de gravité, que ce soit dans l’univers ou dans le corps humain, est le vide absolu. Les énergies de vie circulent autour de ce centre comme les vents autour de l’oeil d’un cyclone.
L’univers est un réseau de centres reliés entre eux, chacun ayant sa propre activité se ramifiant avec huit rythmes pères et quatre dimensions mères.
Il n’y a pas de preuve scientifique de cela car la science ne peut pas voir l’activité du vide. Un centre de vide retient ensemble la structure de chacune des cellules de notre corps.
La nature de vide de ce centre est toujours la même, mais la constitution et les énergies de la cellule sont différentes selon sa dimension : cellule nerveuse, cellule des os, cellule des muscles, cellule de la peau…
Le centre de chaque cellule est lié au centre principal, juste en-dessous du nombril, duquel le corps est créé en tant qu’embryon. Il y a d’autres centres de gravité importants, comme le « troisième oeil » spirituel, mais le premier est le coeur de toutes nos capacités. »
L’ordre d’Amatsu Sugaso est composé de 36 sons, c’est-à-dire 12 de plus que pour Amatsu Kanagi.
La conscience est donc plus développée. La dimension A apparaît en général après l’enfance, car les désirs diminuent et la morale augmente. Mais aujourd’hui, la société empêche le bon déroulement de ce processus en encourageant leurs désirs matériels.
« Les principes d’Amatsu Kanagi et d’Amatsu Sugaso sont les deux expressions des désirs des êtres humains a posteriori. Nous ne pouvons pas emprunter deux chemins en même temps; les désirs de chaque individu doivent se concentrer sur l’un ou sur l’autre. »
– Le tableau des sons d’Amatsu Futonolito – La réunion des opposés
Aujourd’hui, nous devons réunir les deux forces, masculines et féminines, U et A, en nous et hors de nous. Ce concept se retrouve notamment chez Gurdjieff :
« Prenez la compréhension de l’Orient et l’énergie de l’Occident, et cherchez. »

Ce concept se retrouve dans la technique du rappel de soi, c’est-à-dire de la double attention:
« Lorsque la flèche de votre conscience à deux directions, lorsque votre conscience commence à fleurir aux deux extrémités; vous deviendrez un être réalisé ».
Les efforts de Gurdjieff envers ses disciples allaient tous dans cette direction.
Lorsque vous regardez quelqu’un, regardez-le et dans le même temps essayer de regarder votre propre moi. « Je regarde, je suis l’observateur. » Vous aiguisez alors l’autre pointe de la flèche de votre conscience. Une extrémité est dirigée vers l’objet que vous voyez.
Ne quittez pas le monde des objets. Essayez plutôt de prendre conscience tant du sujet que de l’objet simultanément, l’extérieur et l’intérieur simultanément. Si les deux sont là, alors seulement vous pouvez être en équilibre entre les deux.
Essayez cela, de n’importe quelle façon devenez simplement neutre, indifférent. Soudain, le mental n’a aucune fonction. Si vous êtes pour, vous pouvez penser; si vous êtes contre, vous pouvez penser. Si vous n’êtes ni pour, ni contre, que reste t’il à penser ? Soyez indifférent aux extrêmes.
Un équilibre se crée, cet équilibre vous donnera une nouvelle dimension de ressenti, où vous êtes tout à la fois le connaissant et le connu, le monde et l’autre monde, ceci et cela, le corps et le mental.
Vous êtes les deux et, simultanément, aucun; au-dessus des deux. Un triangle est apparu. Telle est l’objet de la quatrième voie, la voie de l’éveil. »
Théodore Illion évoque également ce concept en évoquant « deux spiritualités » qui s’affrontent en ce monde :
« Le but de la méditation lamaïste est d’élever l’homme du monde « inférieur » de la matière au monde « supérieur » de l’esprit. Cela tend à finalement séparer l’esprit de la matière, tout comme l’attitude ultra-matérialiste occidentale tend à séparer la matière de l’esprit. Les deux attitudes, si je puis le dire avec respect, sont tout aussi insensées. (…)
La vie ne devrait pas être uniquement matérielle. Mais la vie ne peut pas être uniquement spirituelle non plus. Elle doit être les deux à la fois. Tout comme la conception ultra-matérialiste de la vie, si largement répandue en Occident, tend à détacher la matière de l’esprit, faisant ainsi de la vie une chose médiocre (…)
L’Occident fuit l’Esprit et l’Orient fuit la Matière. Les rares personnes qui font un effort en Occident pour être religieuses sont semblables aux quelques types en Orient, qui fuient également la Matière. Et les rares personnes en Orient qui, par un effort, rompent avec ce qu’ils appellent religion deviennent matérialistes comme la plupart des occidentaux.
À moins que nous créions une nouvelle conception de la vie, » continua-t-il, « l’Orient et l’Occident sont tous deux condamnés. Nous avons besoin d’un nouveau type d’humanité qui soit à la fois Matière et Esprit. Il n’y a que de telles personnes qui peuvent être humaines. Une personne fuyant la Matière ou l’Esprit, ne l’est jamais. »
Nakazono rejoint ce point de vue :
« Amatsu Kanagi est symbolisé par le dieu de l’étoile, Amatsu Sugaso est symbolisé par la déesse de la lune. Les deux appartiennent à la nuit. Ils sont les résultats naturels de deux points de vue basiques de la vie a posteriori. Avec seulement ces deux dimensions d’activité, notre source – le jugement finale de la volonté-de-vie – nous est perdue. Nous avons « chuté » de notre place de créateur, à un état de division entre les aspects physiques et spirituels de la vie. »

« Aucune société matérielle ou spirituelle n’a toute la vérité, et ni l’une ni l’autre ne peut apporter de satisfaction et paix totale à la population. Elles peuvent réussir dans leurs créations, réaliser de grandes oeuvres de science ou d’art, mais ce ne sera jamais assez. Sans le jugement de notre source dans la dimension IE, nous errerons aveuglément, trébuchant dans la nuit, commettant crime sur crime sans même le savoir. »
L’ordre d’Amatsu Futonolito est : A I E O U… il était totalement occulté durant des millénaires, n’apparaissant que dans les symboles de courants religieux, philosophiques, et dans les pratiques orientales de médecine.
« Si je devais employer des termes négatifs, je dirais que durant ces huit derniers millénaires, notre civilisation a été complètement et magnifiquement trompée par nos ancêtres. Nous avons aveuglément courus dans la direction qu’ils nous indiquaient; nous n’avions aucune idée de leur vrai but.
Sur la base de leurs enseignements, nous avons tout détruit autour de nous et nous sommes sacrifiés mutuellement. Nous avons fait cela à nous-mêmes. Et maintenant nous sommes terrifiés par les conséquences, mais ne savons pas comment y mettre un terme. » (…)
« D’un point de vue relatif, nous pouvons dire : « Nos ancêtres nous ont trompé ». En fait, il n’y a pas de différence dans les yeux de la dimension de la vie. Nous, le courant de la vie humaine, avons voilé nos propres yeux et avons choisi d’aller dans cette direction. Ce fut notre décision. »
Nakazono donne ensuite le contenu des huit rythmes pères de la dimension I-WI :
I : la volonté-de-vie, le sujet.
TI : la première action de I quand elle commence à tournoyer, s’étendre de droite à gauche
KI : la première synchronisation. L’expansion de I touche le phénomène, créant le pouvoir.
SI : une flèche qui traverse en ligne droite le phénomène.
HI : une ouverture.
Ces quatre rythmes appartiennent à l’activité du côté du sujet. Les quatre suivants appartiennent à l’objet.
YI : la continuation et l’expansion de la première étincelle de TI. L’espace permanent de I.
MI : l’espace du phénomène touché par KI. L’existence du phénomène.
LI : l’aspect spiralant de SI. Si une force directe rencontre un objet devant lui, il y a une explosion. Si les deux tournoient, ils peuvent s’enrouler mutuellement.
NI : la compréhension complète du contenu du phénomène. Dans la langue Yamato, nikiru signifie « saisir » nimu signifie « mission accomplie. »
L’action des huit rythmes moteurs n’est pas divisée en expansion d’un côté et concentration de l’autre. Ils agissent comme ceci : TI-YI, KI-MI, SI-LI, HI-NI.
Les huit rythmes moteurs sont l’essence et la source de notre conscience – la capacité totale des êtres humains. Ils sont manifestés par l’action expansive de I, la volonté de vie. Ils sont le plus haut jugement, créant le temps, l’espace et les dimensions.
Enseignement secret : Longtemps gardé secret au sein de la cour impériale du Japon, cet art traditionnel des sons originels a été introduit en Occident au XXe siècle
Méditation par le son : Elle repose sur l’émission de sons vocalisés et de syllabes considérés comme des vibrations pures reliées aux énergies de la création.
Harmonisation : La pratique vise à rééquilibrer le corps et l’esprit, à apaiser les tensions et à se connecter à sa propre essence vitale ainsi qu’à l’environnement.
Kototama et Tserouf
Le Kototama (tradition japonaise) et le Tserouf (tradition kabbalistique juive) partagent des similitudes frappantes. Ce sont deux approches mystiques basées sur la combinaison des sons et des lettres comme forces créatrices de l’univers.
Le langage comme outil de création : Dans les deux traditions, le langage humain n’est pas qu’un outil de communication. C’est le reflet direct du langage divin ou cosmique qui a structuré la réalité.
L’importance de la vibration : Le Tserouf (particulièrement selon le kabbaliste Abraham Abulafia au XIIIe siècle) utilise la récitation des lettres associée à des techniques de respiration et de mouvements de tête, ce qui rejoint la posture et la maîtrise du souffle requises dans le Kototama.
Le dépassement du sens intellectuel : Dans les deux voies, le pratiquant ne cherche pas à « comprendre » le sens grammatical d’une phrase. Il se concentre sur l’énergie pure de la syllabe ou de la lettre isolée pour transformer son état de conscience.
Arts martiaux
Le Kototama a profondément influencé l’Aïkido car son fondateur, Morihei Ueshiba, considérait cette science spirituelle des sons comme la source même de son art martial. Pour le fondateur (appelé Ōsensei), l’Aïkido n’était pas une simple méthode de combat, mais l’incarnation physique et vibratoire des principes du Kototama.
Morihei Ueshiba a étudié le Kototama de manière intensive auprès de Onisaburo Deguchi, le leader spirituel de la secte Oomoto-kyō. Ueshiba a eu plusieurs visions mystiques où il a compris que l’univers était constitué de vibrations pures. Il disait souvent :
« L’Aïkido est l’accomplissement du Kototama. »
Pour lui, chaque technique martiale était la manifestation visible d’un son primordial.
Le rythme cosmique et le mouvement : In-Yo (Le Yin et le Yang)
Dans la doctrine du Kototama enseignée en Aïkido, les sons fondamentaux régissent les lois de la création :
- Le son « U » (Ou) représente le vide originel, le potentiel pur.
- Les sons « A » (Expansion) et « O » (Contraction/Traction) représentent les forces dynamiques de l’univers.
En combinant ces sons, on obtient les concepts de Spirale et de Sphère, qui sont la base absolue des mouvements de l’Aïkido (comme les pivots Tenkan ou les entrées Irimi). Le pratiquant ne s’oppose pas à la force, il s’harmonise avec elle à la manière d’une onde sonore.
Le Kiai : Le son comme projection d’énergie
Si beaucoup d’arts martiaux utilisent le Kiai (le cri martial) pour intimider ou contracter les muscles, en Aïkido, Ueshiba l’utilisait comme une véritable projection du Kototama. Il utilisait souvent les sons « EI » (pour trancher, purifier, l’esprit de l’épée) et « YA » (pour donner la vie, harmoniser). Le son devenait une arme vibratoire capable de briser l’intention d’agression de l’adversaire (Aiki) avant même que le coup ne soit porté.
Les 5 sons mères et la structure de l’art
Ueshiba associait les cinq voyelles du Kototama (A, O, U, E, I) à des états de conscience et à des directions géométriques dans l’espace. Le tapis de dojo devenait un espace sacré où le corps du pratiquant calligraphiait ces sons à travers ses projections et ses clés articulaires.
Tserouf, respiration et mouvement
Le Tserouf (la permutation des lettres hébraïques) est indissociable d’un système de respiration rythmée très précis. La respiration n’est pas un simple accompagnement : elle sert de mécanisme de sécurité et de véhicule d’énergie pour modifier l’état de conscience sans sombrer dans la folie ou l’évanouissement face à l’intensité de l’expérience mystique.
Le mécanisme : La lettre, le souffle et le mouvement
La méthode d’Abulafia fonctionne comme un « yoga de la Kabbale », combinant trois éléments : la visualisation de la lettre, la respiration, et le mouvement de la tête dicté par les voyelles hébraïques.
Chaque lettre du Nom Divin (souvent le Tétragramme YHVH) est associée à une voyelle. Pour prononcer une lettre combinée à une voyelle, le mystique doit suivre un cycle respiratoire strict :
Le rythme respiratoire et le mouvement de la tête
Abulafia enseigne que l’expiration doit durer le temps exact d’un souffle long et continu, durant lequel le son est étiré. Pendant cette expiration, la tête dessine la forme de la voyelle dans l’espace :
Le Holam (son « O ») : La tête se déplace vers le haut, puis revient au centre (représentant le point supérieur).
Le Hiriq (son « I ») : La tête se déplace vers le bas (représentant le point inférieur).
Le Kamats ou Shourouq (son « Ou ») : La tête se déplace d’avant en arrière ou de gauche à droite.
Le mystique ne doit jamais inspirer pendant qu’il prononce le Nom sacré, car cela inverserait le flux d’énergie (absorption au lieu de projection).
Le parallèle direct avec le Kototama
C’est précisément ici que le Tserouf rejoint le Kototama pratiqué par Morihei Ueshiba en Aïkido :
La maîtrise du point zéro (Hara / Sefirot) : Dans les deux traditions, le son doit naître des profondeurs du corps (le ventre, le souffle vital appelé Ruach en hébreu ou Ki en japonais) et non de la simple gorge.
Le souffle comme canalisateur : Si le pratiquant de Kototama utilise le rythme du souffle pour harmoniser son Ki avec l’univers, le kabbaliste utilise le rythme du Tserouf pour accorder son âme à la structure de la création.
Abulafia compare d’ailleurs l’âme à un instrument à cordes, le souffle au musicien, et les lettres aux notes de musique.
Comment pratiquer le Kototama (Niveau Débutant) :
La posture : Asseyez-vous confortablement (en Seiza ou sur une chaise), le dos droit, les mains posées sur les cuisses ou jointes au niveau du ventre (Hara).
La respiration : Prenez quelques respirations profondes par le nez, en laissant l’air descendre profondément dans l’abdomen.
La vibration des 5 voyelles mères : Expirez lentement en faisant vibrer chaque voyelle pure, l’une après l’autre, sur une seule note continue :
A (Ah) : Ouvre le cœur et l’espace (le début).
O (Oh) : Rassemble et centralise l’énergie.
U (Ou) : Ancre dans la matière et la terre.
E (É) : Élève et clarifie l’intellect.
I (Ee) : Représente la force vitale pure (le point central)
L’intention : Ne chantez pas comme à l’opéra. Laissez le son résonner à l’intérieur de votre corps (la cage thoracique, la gorge, le crâne). Sentez la vibration physique du son.
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