Les raisons des projets de dépôts d’ADN sur la Lune.
Plusieurs programmes scientifiques sérieux envisagent d’utiliser la Lune comme un lieu de stockage, pour trois raisons principales :
Une « Arche de Noé » contre l’apocalypse : Des scientifiques de la Smithsonian Institution ont proposé de créer un biorépertoire lunaire. Ce projet vise à conserver les cellules cryogénisées (sperme, œufs, graines) de millions d’espèces animales et végétales menacées d’extinction par le changement climatique ou des guerres.
Le froid naturel comme congélateur passif : Sur Terre, les banques de gènes (comme le Svalbard Global Seed Vault en Arctique) dépendent d’une alimentation électrique ou de la stabilité du pergélisol, qui est aujourd’hui menacé par le réchauffement climatique. Les cratères situés aux pôles de la Lune restent naturellement à des températures glaciales constantes (autour de -180 °C à -230 °C), ce qui permet de conserver l’ADN indéfiniment de manière passive, sans électricité.
Des capsules temporelles culturelles : Des fondations privées comme l’Arch Mission Foundation ou le projet européen Sanctuary of the Moon utilisent également l’ADN synthétique comme un disque dur ultra-compact pour y encoder des textes, des images et l’histoire de notre civilisation afin de la léguer aux générations futures.
En dehors de la science, des entreprises privées (comme Celestis) proposent désormais à quiconque en a les moyens d’envoyer ses propres cendres ou un échantillon de son ADN sur la Lune. Des particuliers, comme des passionnés de science-fiction ou des scientifiques excentriques, achètent ces services dans l’espoir d’immortaliser leur code génétique dans l’espace.
L’ouverture du World Seed Vault à Svalbard, en 2008, a créé une très longue discussion parmi les chercheurs de vérité, car beaucoup soupçonnaient quelque chose de mal.
L’arche lunaire
En 2021, un groupe de scientifiques a proposé de cacher une « arche lunaire » à l’intérieur de tubes de lave à la surface du satellite terrestre, qui stockera les matériaux biologiques de millions d’espèces terrestres. Une sorte de banque de gènes qui sera placée dans des tunnels et des grottes créés à partir de lave il y a plus de 3 milliards d’années. L’Arche sera alimentée par des panneaux solaires.
Les chercheurs ont déclaré que le matériel génétique des 6,7 millions d’espèces végétales, animales et fongiques connues sur Terre, sera stocké cryogéniquement, nécessitant au moins 250 lancements de fusées pour transporter la cargaison vers la lune.
Les scientifiques pensent que de cette manière, ils peuvent protéger la faune de la planète contre les scénarios apocalyptiques naturels et créés par l’homme, tels qu’une éruption de supervolcan ou une guerre nucléaire, et assurer la survie de leurs gènes.
« Nous avons le devoir d’être les gardiens de la biodiversité. C’est comme copier des photos et des documents d’un ordinateur vers un disque dur séparé afin qu’il y ait une copie de sauvegarde en cas de problème », a déclaré Jekan Thang, directeur principal du Laboratoire de recherche en robotique spatiale et terrestre (SpaceTREx) de l’Université d’Arizona.
Toutes les technologies nécessaires à cet ambitieux projet ne sont pas encore en place, a-t-il dit, mais les chercheurs pensent que l’arche pourrait être construite dans les 30 prochaines années.
Parmi les cataclysmes possibles qui pourraient menacer l’existence de la biodiversité sur la planète, en plus de l’éruption d’un supervolcan et d’une guerre nucléaire, les scientifiques ont également nommé une pandémie, une collision avec un astéroïde, l’accélération du changement climatique, une tempête solaire mondiale et une la sécheresse.
Et maintenant, ils veulent créer un référentiel humain d’échantillons de code génétique sur la Lune.
Récemment, SPACEX a annoncé un appel ouvert aux gens pour qu’ils ajoutent leur ADN à une capsule temporelle « vie de la Terre » – un moyen beaucoup moins cher d’aller sur la lune que d’acheter un billet SpaceX.
L’ADN est envoyé dans l’espace dans une boîte afin que les extraterrestres puissent un jour ramener l’humanité à la vie si jamais nous risquions l’extinction.
Fin février 2022, SpaceX d’Elon Musk a livré une « capsule temporelle » remplie d’ADN de plus de 500 espèces à la Station spatiale internationale.
La «biobanque» de la mission Crew-4 contient des échantillons de plus de 2 000 personnes différentes et est conçue pour aider à créer une réserve d’échantillons d’ADN sur la lune.
LifeShip, l’entreprise à l’origine de ces efforts, souhaite préserver l’empreinte génétique des espèces sur Terre pour les générations futures et la protéger hors de la planète.
Sur son site Internet, la société déclare ne pas savoir ce qu’il adviendra de la biobanque, expliquant:
« Parce que la capsule temporelle génétique est destinée à un avenir lointain, aucun d’entre nous ne le saura jamais avec certitude. Peut-être sera-t-il retrouvé par une future civilisation et utilisé pour recréer notre planète telle qu’elle est aujourd’hui. Nos descendants pourraient emporter votre code dans les étoiles pour ensemencer un tout nouveau monde. Bien que tout cela soit théorique, nous pensons qu’il vaut la peine de préserver nos plans génétiques pour la vie sur Terre pendant des générations.
LifeShip invite le public à envoyer son ADN à la Lunar Bank.
Le projet LifeShip est très similaire au Global Seed Vault, qui contient 4,5 millions d’échantillons de semences afin que les générations futures puissent faire pousser des plantes en cas d’extinction.
Le concept de banque d’ADN lunaire (ou biorépertoire lunaire) est un projet scientifique interdisciplinaire très sérieux.
Inspiré de la réserve mondiale de semences du Svalbard en Arctique, son but est d’envoyer et de stocker le patrimoine génétique de la Terre sur la Lune.
- Le congélateur naturel : Au niveau des pôles de la Lune, certains cratères profonds sont plongés dans une ombre permanente depuis des milliards d’années. La température y reste constamment inférieure à -196 °C (et descend jusqu’à -230 °C).
- Zéro énergie : À cette température, toute activité biologique s’arrête. L’ADN et les cellules vivantes peuvent y être conservés indéfiniment de manière passive, sans avoir besoin d’aucune source d’énergie humaine.
- Ce qui est stocké : Contrairement au Svalbard qui ne stocke que des graines végétales, la banque lunaire prévoit de cryogéniser des cellules de peau animales (fibroblastes), du sperme, des œufs et des fragments d’ADN. Les fibroblastes sont privilégiés car ils sont faciles à prélever et à cultiver, même sur des espèces complexes ou en voie d’extinction.
- La gouvernance : Le projet est pensé pour être géré de manière internationale et transparente, à l’image des traités scientifiques mondiaux, pour éviter qu’une seule nation ou entreprise ne s’approprie ce patrimoine universel
Aux États-Unis, un physicien de 86 ans a décidé d’envoyer une partie de lui dans l’espace. Le 24 décembre 2023, Kenneth Ohm a profité de la mission spatiale de Celestis pour envoyer son ADN sur la Lune. Depuis 1997, cette entreprise américaine propose à ses clients « d’envoyer leurs cendres dans l’espace, en orbite autour de la Terre ou sur la Lune », précise le magazine Le Point.
Dix-huit de ces vols spatiaux « commémoratifs » ont déjà été organisés. « Pour réaliser cette prestation, l’entreprise américaine achète un emplacement disponible dans les satellites embarqués par des fusées », explique le journal We Demain.
Il est tout à fait possible d’envoyer votre ADN sur la Lune aujourd’hui en faisant appel à des entreprises spatiales privées spécialisées dans les capsules temporelles biologiques ou les commémorations funéraires.
- Le concept : Vous recevez un kit de prélèvement salivaire à domicile. Votre ADN est extrait puis encapsulé dans de l’ambre synthétique hautement résistante.
- Le transport : Les capsules partent via des lancements de fusées commerciales (comme SpaceX) qui emportent des modules lunaires.
Le futur de l’envoi d’ADN sur la Lune dépasse le simple geste symbolique ou funéraire.
Il s’inscrit désormais dans des projets scientifiques et technologiques majeurs visant à sauvegarder l’humanité, à tester la résistance du vivant et à poser les bases de la colonisation spatiale.
Envoyer son ADN aujourd’hui sert aussi de laboratoire pour les futures générations de colons spatiaux.
- L’étude des radiations : Les échantillons actuels permettent d’analyser comment le code génétique se dégrade face aux rayonnements cosmiques et solaires sans l’atmosphère protectrice de la Terre.
- La reproduction hors de la Terre : Ces tests sont indispensables avant d’envisager la naissance des premiers bébés sur la Lune ou sur Mars, afin de développer des boucliers anti-radiations efficaces ou des thérapies géniques de réparation.
Vers un cadre juridique et éthique strict
Aujourd’hui, le secteur est peu régulé, mais le futur de cette démarche va imposer des règles strictes :
- La protection planétaire : Les agences spatiales (comme la NASA ou l’ESA) veulent éviter la contamination biologique de la Lune par des bactéries terrestres qui voyageraient avec l’ADN.
- Le droit commercial : Des traités devront définir si des entreprises privées ont le droit de « vendre » des parcelles de sol lunaire pour y déposer des restes biologiques humains
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