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Nicolas Flamel. Alchimie Magie divine et Rêves d’Or

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A la recherche d’une formule magique et insaisissable.

Au début du 14ème siècle, l’écrivain Nicolas Flamel, fait un rêve étrange. Un ange lui apparaît et lui montre une série de symboles et d’images curieuses révélant, dit-il, le secret de la fabrication d’un élément magique ayant le pouvoir de transformer les métaux vils en or pur. Ainsi, Nicolas Flamel rejoindra le cercle secret des alchimistes qui vouent leur vie à la recherche d’une formule magique et insaisissable.

Nicolas Flamel (né vers 1330-1340 et mort à Paris le 22 mars 1418) était un bourgeois, copiste et libraire-juré parisien du XIVe siècle, dont la légende a fait l’alchimiste par excellence. Selon la tradition ésotérique popularisée après sa mort (notamment par un ouvrage publié au XVIIe siècle), son histoire s’articule autour de plusieurs éléments clés.

Le rêve et le Livre d’Abraham le Juif

La vision : Une nuit, un ange lui serait apparu dans un rêve en lui montrant un livre aux caractères étranges, prédisant qu’il y verrait un jour ce que personne d’autre ne pouvait comprendre.

Le grimoire : Peu de temps après, Flamel achète effectivement un vieil ouvrage mystérieux : le Livre d’Abraham le Juif, prince, lévite, astrologue et philosophe.

Le déchiffrage : Rempli de symboles hermétiques et d’images énigmatiques, ce livre aurait nécessité un voyage d’étude (notamment en Espagne) pour en percer le secret.
Pour mieux comprendre l’origine du mythe, il faut se plonger dans le récit détaillé de l’acquisition de ce grimoire, tel qu’il est décrit dans le texte alchimique célèbre attribué à Flamel : Le Livre des figures hiéroglyphiques (publié en 1612).
Voici les détails fascinants de cette quête mythologique :

L’achat du grimoire maudit

En 1357, Nicolas Flamel, travaillant comme écrivain-libraire à Paris, achète pour seulement deux florins un livre d’une apparence tout à fait singulière. Le livre n’est pas fait de parchemin ni de papier, mais d’écorces de jeunes arbres. Sa couverture est en cuivre ciselé, gravée de caractères étranges.

Le texte lui-même est écrit en lettres d’or, dans une langue que Flamel ne maîtrise pas (qu’il suppose être du latin ou du grec). L’ouvrage est signé par un certain « Abraham le Juif, prince, prêtre, lévite, astrologue et philosophe ». Il s’adresse à la nation juive dispersée en Gaule, la mettant en garde contre l’idolâtrie et lui enseignant la transmutation pour payer ses impôts aux empereurs romains.

Les images énigmatiques

Le livre contenait 3 séries de 7 feuillets peints (soit 21 pages d’illustrations), alternées avec du texte. Ces images n’étaient pas de simples dessins, mais des concepts secrets (des figures hiéroglyphiques) représentant le Grand Œuvre :

  • Un fléau de balancier détruit par un vent violent.
  • Un serpent cloué à une croix.
  • Un roi ordonnant le massacre d’innocents, dont le sang est recueilli dans une grande cuve où le Soleil et la Lune viennent se baigner. Cette image, la plus célèbre, symbolise la préparation de la « matière première » alchimique.

Le voyage initiatique en Espagne

Flamel passe 21 ans à contempler ces images sans en comprendre le sens profond, bloqué dès la première étape de la fabrication (le « commencement »). Désespéré, et avec l’accord de sa femme Pernelle, il décide en 1378 de prendre le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne.

Son véritable but caché est de rencontrer un savant juif kabbaliste capable de l’aider, l’Espagne de l’époque étant un grand centre de savoir multiculturel.

C’est sur le chemin du retour, à León, qu’il fait la rencontre du Maître Canches, un médecin juif converti. Dès que Canches voit les copies des dessins de Flamel, il est pris d’un immense transport de joie : il reconnaît immédiatement le légendaire Livre d’Abraham, qu’on croyait perdu à jamais.

La révélation

Maître Canches accepte aussitôt de l’accompagner à Paris pour déchiffrer le livre original. Malheureusement, le vieux médecin tombe gravement malade et meurt à Orléans avant d’atteindre la capitale.

Cependant, durant le voyage, Canches a eu le temps de révéler à Flamel les clés principales du code. De retour chez lui, Flamel mettra encore trois ans à perfectionner la technique. Selon la légende, le 25 avril 1382, à midi pile, il réussit sa première transmutation de mercure en argent pur, puis, quelques mois plus tard, en or pur.

La mort de Nicolas Flamel

Dans la réalité historique, la vie de Nicolas Flamel s’est terminée de manière très officielle le 22 mars 1418 à Paris. Âgé d’environ 80 ans — une longévité exceptionnelle pour l’époque médiévale —, ce riche écrivain public et bourgeois parisien s’éteint près de vingt ans après sa femme Pernelle.

Ayant soigneusement planifié sa mort, Flamel lègue la quasi-totalité de sa immense fortune immobilière à l’Église et aux œuvres de charité (hôpitaux, chapelles). Il est alors enterré sous le chœur de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie à Paris (dont il ne reste aujourd’hui que la célèbre Tour Saint-Jacques). Il avait lui-même dessiné sa pierre tombale, qui est aujourd’hui conservée et visible au Musée de Cluny.

C’est précisément après cette mort bien réelle que la légende de l’immortalité s’empare de lui, donnant naissance au mythe du tombeau vide.

Selon les récits occultes qui commencent à circuler à partir du XVe et XVIe siècles, Nicolas Flamel et Pernelle ne seraient jamais morts. Grâce à l’Élixir de longue vie tiré de la pierre philosophale, ils auraient mis en scène leur propre décès pour échapper aux convoitises :

  • La ruse des faux cercueils : La légende raconte que lorsque les cercueils de Pernelle, puis de Nicolas Flamel, furent scellés, ils ne contenaient pas leurs corps, mais de simples bûches de bois dissimulées sous les linceuls.
  • La profanation des pilleurs de tombes : Quelques années après sa mort, des voleurs et des curieux, persuadés que l’alchimiste avait été enterré avec ses secrets ou une partie de son or, auraient forcé et ouvert sa sépulture. À la stupeur générale, le tombeau était totalement vide.
  • La fuite vers l’Orient : Libérés de leur identité parisienne, Flamel et son épouse se seraient enfuis en Suisse, puis vers les Indes ou l’Empire ottoman (notamment à Brussa) pour y vivre une existence éternelle.

Des « apparitions » à travers les siècles

Pour alimenter le mythe, plusieurs témoignages rocambolesques surgissent au fil du temps :

  • Au XVIIe siècle, un mystérieux voyageur affirme devant Louis XIII et le cardinal de Richelieu avoir rencontré Flamel en personne et détenir une partie de sa poudre alchimique.
  • Au XVIIIe siècle, un ecclésiastique déclare avoir croisé Flamel et Pernelle à l’Opéra de Paris, venus assister incognito à une représentation.

Cette immortalité légendaire a tellement marqué l’imaginaire collectif qu’elle est restée intacte jusqu’à nos jours, reprise par Victor Hugo, Alexandre Dumas, et bien sûr J.K. Rowling, qui fait de Flamel un vieillard de 665 ans dans le premier tome d’Harry Potter.

Les mystérieux symboles gravés sur sa pierre tombale

La pierre tombale de Nicolas Flamel, aujourd’hui conservée au Musée de Cluny (Musée national du Moyen Âge) à Paris, est un objet fascinant. Si elle a tant nourri le mythe alchimique, c’est parce que son iconographie médiévale a été réinterprétée à partir du XVIIe siècle comme un recueil de codes secrets liés au Grand Œuvre et à la pierre philosophale.

Voici le décryptage des symboles gravés sur cette célèbre épitaphe :

La partie supérieure : Le registre divin et astrologique

Le haut de la pierre présente une scène religieuse classique du XVe siècle, mais que les occultistes ont rapidement lue sous un prisme alchimique :

  • Le Christ en buste : Il est représenté au centre, bénissant la Terre et tenant un globe crucifère (une sphère surmontée d’une croix). Pour les alchimistes, ce globe est le symbole de la Matière Première cosmique
  • Le Soleil et la Lune : Le Christ est encadré par deux figures astrales. En art religieux, ils rappellent les témoins célestes de la Crucifixion. En alchimie, le Soleil et la Lune sont les deux principes fondamentaux (le Soufre et le Mercure, le masculin et le féminin) indispensables pour réaliser la transmutation.
  • Saint Pierre et Saint Paul : Ils entourent la scène. Leurs postures et les clés de Saint Pierre ont souvent été interprétées par les hermétistes comme les « clés » permettant d’ouvrir les secrets de la nature.

La partie centrale : Le texte et les instruments

Le milieu de la pierre comporte une longue inscription gothique gravée. Elle rappelle la mort de Flamel (le 22 mars 1418), son métier d’écrivain public et ses généreuses donations en aumônes.
Au-dessus et au-dessous du texte, on distingue des représentations de ses outils de travail : des plumes et des écritoires. Pour le public, ces instruments d’écriture ressemblaient étrangement à des outils de mesure ou à des récipients de laboratoire, ce qui a largement contribué à propager la rumeur selon laquelle Flamel avait gravé ses recettes dans la pierre.

La partie inférieure : Le « Transi »

Tout en bas de la pierre, le corps de Nicolas Flamel est représenté sous la forme d’un transi (un cadavre en état de décomposition, représenté sous forme de squelette desséché). Très fréquent à la fin du Moyen Âge, ce type de sculpture visait à rappeler la vanité de la vie humaine.

Cependant, dans l’imaginaire alchimique, ce squelette symbolise la phase de la « Putréfaction » (ou l’Œuvre au noir), la toute première étape indispensable du processus alchimique où la matière doit symboliquement « mourir » dans le creuset avant de renaître et de se purifier pour devenir de l’or.


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